Edito saison 2020 – 2021

Quelle période !

Plus de trois milliards de personnes confinées pendant plusieurs mois, plus de la moitié de la population mondiale.  Toutes les structures à l’arrêt ou au ralenti, les administrations, les entreprises, les commerces et bien sûr la culture n’y ont pas échappé , avec annulation des festivals et fermetures de lieux. Dur dur.

Serait-ce la nature qui reprend ses droits, ce virus qui nous rappelle que nous ne sommes pas les patrons sur cette planète ? On n’imaginait pas voir un sanglier dans le centre-ville de Nice ou un dauphin dans les canaux de Venise. 

Cet enfermement de la moitié de la planète nous a aussi démontré que les puissants étaient en réalité bien peu de chose. Les « petites gens », ceux du quotidien , commerçants, personnel médical, éboueurs et j’en oublie , rendaient possible la vie de tous les jours. Dans cette période de crise on a vu l’être humain dans ce qu’il a de plus laid , comme la délation  qui nous renvoie aux heures sombres de notre histoire. Et puis il y a eu ces élans de solidarité , ces banques alimentaires improvisées grâce à des initiatives privées. C’est beau …

Ce confinement nous a tous obligés quelque part, quelle que soit la situation de chacune et chacun, à l’introspection à nous reconnecter avec nos émotions.

Cette petite chose microscopique nous a renvoyés au mystère de la vie, à nos limites. Et elle nous oblige, tous, à l’humilité et au doute. Le monde du spectacle n’y échappe pas .

La démarche artistique, à mon sens, ne peut pas y échapper.

Pierre Desproges l’a très bien dit «La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute »

Paradoxalement c’est cette fragilité qui est source de création ;  elle était là lorsque j’ai créé ce lieu il y a vingt ans, et est encore aujourd’hui le moteur de notre théâtre. 

Enfin dans cette période insolite, il était normal -même si on se demande si ce mot a encore du sens- que les compagnies qui devaient jouer entre mars et juin puissent revenir si elles le souhaitent pour ouvrir notre 21 ème saison.

C’est avec beaucoup d’émotion, de passion et d’espoir que toute l’équipe du Théâtre Le Fil à Plomb se joint à moi pour vous souhaiter la bienvenue. 

Haut les cœurs !

Badradine REGUIEG

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